Quelques notes de piano. Des notes si justes, si douces, si calmes. Puis des yeux se ferment; ce sont les vôtres. Les souvenirs apparaissent.
Vite.
Plus Vite.
Le temps se décompose, les secondes s'accélèrent, les minutes, les heures... Puis. Trou noir. On entend un c½ur qui bat, il bat trop vite.
Vous êtes debout les yeux grands ouverts à fixer un point. C'est très dur, alors vous résistez, encore...
Il y a des rires d'enfants derrière vous. Vous vous retournez.
Rien.
Du noir.
Du noir.
Des gouttes tombent d'en haut. Mais cet "en-haut" n'existe pas. Il n'y a plus d'espace, ni de limite. Alors vous courrez, toujours plus vite jusqu'à atteindre... Mais atteindre quoi au juste ?
Vous effectuez gracieusement un tour sur vous-même et vous vous retrouvez propulsé à votre point de départ.
Devant cette lumière, si belle, si douce. Mais comment quelque chose d'aussi somptueux peut-il autant vous déstabiliser ? Pourquoi pendant quelques secondes aucune limite n'était...atteinte ?
Irrationnel.
Tout cela est irrationnel, l'espace, le temps, la vie.
La seule chose qui puisse nous préserver de nos futures émotions ce sont les souvenirs. Les souvenirs d'un sentiment, d'un regard, d'un instant...
Et ces instants, je les photographie.


